Les militaires comoriens, renforcés par des effectifs de l'UA, se préparent à donner l'assaut de l'île d'Anjouan. Franck Berruyer, envoyé spécial de FRANCE 24 aux Comores, a suivi l'entraînement des soldats.
Dernières répétitions avant l'assaut, Kalachnikov au poing. Les troupes de l'armée comorienne se préparent à reprendre le contrôle de l'île séparatiste d'Anjouan, actuellement aux mains du colonel Mohamed Bacar. Cette île a fait sécession en 1997 d'avec les autres îles des Comores.
Sur l'île de Mohéli, à une heure de mer d'Anjouan, les soldats ont le moral au beau fixe malgré leurs moyens limités. Ils s'attendent à très peu de résistance armée de la part de leurs adversaires. Le lieutenant colonel Mohamed Amer Salimou, chef d'Etat major de l'armée comorienne assure à Franck Berruyer, envoyé spécial aux Comores : "Je suis sûr que la plupart d'entre eux va fuir au premier coup".
Du côté gouvernemental, l'optimisme est aussi palpable, d'autant plus que les troupes de l'Union africaine (UA) ont commencé à arriver aux Comores pour appuyer l'assaut de l'armée.
"Maintenant, avec la force de la coalition, nous sommes pratiquement sûrs que cette opération réussira avec le moins de dégâts possibles" , affirme Mohamed Bacar Dossar, directeur de cabinet de la présidence chargé de la Défense.
De sources officielles comoriennes, une cinquantaine de soldats tanzaniens et 75 militaires sénégalais sont déjà arrivés. Le porte-parole du gouvernement, Abdourahim Saïd Bacar, a confirmé l'arrivée de troupes de l'UA. Des troupes supplémentaires de pays africains sont encore attendues.
Selon notre envoyé spécial, l'opération devrait intervenir d'ici la fin de la semaine, à moins que Mohamed Bacar ne se désiste avant sous le poids de la pression internationale.
L'UA a tenté, sans succès, une médiation pour venir à bout de la crise ouverte par l'annonce de la victoire du chef auto-proclamé d'Anjouan, Mohamed Bacar, lors d'un scrutin qu'il a organisé sur l'île en juin 2007, qui n'a pas été reconnu par l'Union, ni par l'Union des Comores.
Après la France et l'UA, les Etats-Unis ont, la semaine dernière, promis leur soutien à une intervention militaire aux Comores. Cet archipel, qui compte environ 700 000 habitants, a été le théâtre d'une douzaine de coups de force ou tentatives de putschs depuis son accession à l'indépendance en 1975.