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Torture des milices de BACAR

Torture des milices de BACAR

Posté le 04.03.2008 par maskatibinti
Moroni, lundi 3 mars 2008 (HZK-Presse) – Les jours se suivent et se ressemblent pour les anjouanais soumis depuis plusieurs semaines à une accentuation des exactions du colonel Bacar et ses hommes. Chaque minute dans la vie des habitants de l'île, c'est une dose de souffrance qui s'ajoute à leur quotidien.

Comme si la faim et les pénuries des produits pétroliers ne suffisaient pas, la population de l'île rebelle doit subir régulièrement les arrestations arbitraires et les bastonnades des milices du président autoproclamé de l'île, qui semble supporter de moins en moins la contestation.

Le dernier en date, est un professeur d'éducation physique originaire de la ville de Domoni. A l'hôpital El-Maarouf où il est admis depuis le matin de ce dimanche dans un état jugé lamentable. Deux bras et une jambe sont fracturés. Les traces laissées sur son dos témoignent de la cruauté des fouets qu'il a reçu lors de son séjour dans les geôles de Bacar.

Alors que ses deux bras sont plâtrés, sa jambe trop enflée est enroulée d'une bande alcoolisée. Pour passer aux toilettes, quatre ou cinq personnes sont nécessaires pour le soulever à défaut de faire ses besoins sur le lit.

« Mes bras sont cassés au moment où je protégeais ma tête. Des hommes en cagoules entraient régulièrement dans le lieu de détention pour me tabasser », raconte les larmes aux yeux, Attoumani Mohamed Mdéré, ce professeur d'éducation physique.

L'homme est admis à l'hôpital de Domoni après 6 jours de détention et de tortures. Alors qu'il a obtenu les premiers soins depuis ce centre hospitalier de la deuxième ville de l'île, les médecins d'El-Maarouf proposent de tout recommencer.

« On va probablement enlever les plâtres pour effectuer d'autres radiographies. On veut s'assurer de l'état du patient. Il croyait qu'il avait une entorse au niveau de la jambe alors qu'il peut avoir une fracture », affirme une infirmière qui suit le malade à l'hôpital El-Maarouf.

Ce père de deux enfants paie pour ses activités politiques. Aux dernières élections législatives, Attoumane Mohamed s'était présenté comme un adversaire du candidat de Bacar. Depuis, « il est considéré comme un ennemi au régime séparatiste ».

« J'étais chez moi avec mes enfants au retour du travail lorsqu'ils m'ont arrêté. 25 soldats sont arrivés chez moi, armés jusqu'aux dents pour m'embarquer », dit-il depuis le lit de l'hôpital après un passage par Mohéli.

« On était trois à être arrêtés mais c'est moi qu'ils ont gardé le plus longtemps. Dans la voiture même, ils ont commencé à nous battre. On était à moitié fini en arrivant dans le centre de détention. On a subi des tortures que je ne peux pas décrire. C'est du jamais vu. Il fallait que je fasse semblant d'être mort pour qu'ils m'abandonne », témoigne Attoumani, la quarantaine, qui ressent un soulagement de se retrouver à Moroni.

Blessé mortellement et affaibli, personnes ne de sa famille ne savait là où il est était détenu. Son père, un ancien a dû batailler et même négocier au prix fort avec la force de gendarmerie anjouanaise (FGA) en versant la somme de 200 000 francs, pour obtenir sa libération.

Mais étant laissé en liberté provisoire, il ne pouvait pas quitter l'île pour venir se soigner à Moroni. « Les responsables politiques de la ville avaient donné des consignes pour que personne ne m'accepte à bord de sa pirogue sous peine de voir son embarcation confisquée. J'ai alors payé 60 000 fc et le pétrole au passeur pour pouvoir monter à 3 heures du matin », déclare Attoumani qui a pu quitter clandestinement l'île avec l'aide de son frère.

Ahmed Abdallah



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